Transformation d’un cœur par la culture

20 août 2016

DSC_7870C’est dans le décor champêtre de la Ferme Moore que j’ai rencontré Yvon Leclerc, membre d’Action Gatineau et du forum Gatineau, culture et identité. Ce retraité actif, qui a longtemps été impliqué en politique provinciale, a réalisé lors d’un doctorat en études urbaines tout le travail à faire et tout l’espace disponible pour travailler au niveau du développement local urbain.

« Si tu veux mon bien et que tu le fais sans moi tu risques de le faire contre moi »

– Jean-Paul L’Allier

Yvon Leclerc, qui ne conçoit pas de vivre dans une ville ou une société sans se mêler du débat public, ne se serait jamais joint à Action Gatineau si, comme c’est parfois le cas au municipal, il s’était agi d’un parti construit autour d’un candidat à la mairie, avec un programme constitué a posteriori pour gagner une élection. Pour lui, le programme doit d’abord être un outil de changement socio-économique et d’innovation pour faire avancer une société.

Mais, pour y arriver, il est essentiel de travailler avec la communauté, et non pour elle. Proche de Jean-Paul L’Allier depuis le milieu des années 70, ce dernier lui a souvent répété « Si tu veux mon bien et que tu le fais sans moi tu risques de le faire contre moi ». Cette phrase insiste sur le fait que, même avec les meilleures intentions du monde, sans l’implication des gens concernés dans un projet, on peut causer plus de tort que de bien à ceux que l’on souhaite aider.

Son engagement dans la constitution des forums thématiques d’Action Gatineau prend donc racine dans cette conviction qu’un parti se doit d’inclure la population dans le processus de développement de son programme.

« La créativité des artistes est au centre d’un paradigme plus large; un écosystème d’innovation nourri par la créativité »

– Yvon Leclerc

Ayant fait sa thèse de doctorat sur la revitalisation du quartier St-Roch à Québec, revitalisation qui n’aurait su se faire sans le concours des militants du quartier (étudiants, partisans syndicaux, ouvriers et religieux) et des artistes qui y vivaient, Yvon Leclerc reste convaincu que le développement du centre-ville de Gatineau doit passer par des immobilisations culturelles permanentes et par la mise à leur disposition d’installations permettant aux artistes de s’emparer du centre-ville; ils en feront un lieu de curiosité, de rassemblement, et d’initiatives.

Lors du forum Gatineau, culture et identité, il sera notamment question de faire avancer le projet de grande bibliothèque. On cherchera à démystifier le concept; la grande bibliothèque ne remplace pas les bibliothèques de quartier mais constitue un lieu de développement intellectuel et d’acquisition de connaissances. Des spécialistes seront invités à exposer les concepts les plus récents en la matière pour stimuler la réflexion sur un modèle qui sera propre à la population de Gatineau.

Favoriser l’innovation dans notre centre-ville, c’est en changer l’image. C’est de faire sentir aux gens qui y vivent que leurs efforts pour embellir leur milieu ne seront pas perdus. C’est de donner, aux Gatinois avant tout, un cœur urbain dont ils seront fiers.

Une réponse à Transformation d’un cœur par la culture

  1. Denis Duguay dit :

    Dans le vaste concept du développement du centre-ville, je propose qu’un espace important réservé à Jean Dallaire soit un élément essentiel d’un des édifices projetés, que ce soit la grande bibliothèque ou un autre élément phare du futur Gatineau. Un rappel bien visible sur les lieux de sa naissance et un espace sur mesure pour l’artiste et ses œuvres, voilà une combinaison qui me plairait.

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