Des espaces éphémères à Gatineau?

14 février 2019

Village au Pied-du-courant – Source: La Pépinière

Un espace éphémère est une place publique, aménagés grâce à l’initiative des citoyens, de façon temporaire sur un terrain extérieur ou intérieur. Ces places sont des lieux de rencontre et d’animation accessibles et ouvertes à tous. Elles renforcent l’identité et le sentiment d’appartenance au quartier.

La semaine dernière s’est tenue une rencontre citoyenne pour discuter de tels espaces à la Ville de Gatineau. « Les espaces éphémères puisent leur origine dans l’urbanisme tactique, c’est-à-dire lorsque les citoyens se mobilisent pour faire de l’aménagement urbain, sans attendre les gouvernements, expliquait Jean-Philippe Simard, conseiller en design urbain et urbanisme à Vivre en ville. Ils sont une réponse à la spéculation foncière et la marchandisation de la ville. Idéalement, ça prend une administration ou des élus qui font un suivi des impacts de ces espaces éphémères. »

Marie-Christine Dubuc, responsable du service recherche et développement à La Pépinière, a renchérit : « Il y a des liens à faire entre les espaces éphémères et l’économie circulaire, l’entrepreneuriat social, la santé publique. Même si c’est difficile, il faut essayer de chiffrer les retombées pour montrer la valeur des espaces éphémères : retombées sociales, tourisme, implication citoyenne, retombées économiques et environnementales.»

Les Jardineries – Source: La Pépinière

Comment la Ville peut-elle aider les citoyens à développer des espaces éphémères? En offrant un encadrement, un soutien financier, à la fois en aménagement et évaluation. Dans l’appareil municipal, il faut déterminer qui s’occupera des espaces éphémères, et le nom de cette personne doit être communiqué à l’externe afin que les citoyens sachent qui contacter. La ville doit créer des outils et des processus pour accompagner les citoyens qui ont des projets, mais ce soutien doit aussi laisser la place aux citoyens et à la créativité.

Sharon Clavet, conseillère municipale de Québec, a présenté les multiples espaces éphémères dans sa ville. « Pour gérer la propriété des terrains, explique-t-elle, il faut négocier avec les propriétaires des terrains, qu’ils soient publics ou privés. Généralement, il y a des ententes verbales avec les propriétaires de terrains privés. Pour des places publiques, c’est le rôle de la municipalité d’aider le projet à cheminer à travers l’administration, de s’assurer que tous les services sont au courant et collaborent. »

À la question, pourquoi ne pas rendre un endroit éphémère permanent, Mme Clavet répond : « Ces places transitoires montrent à la population, à l’administration et aux autres élus qu’il peut se passer des affaires intéressantes à l’endroit où on les installe. Et c’est facile et rapide de créer de tels espaces, car ils sont temporaires. »

La porte d’entrée pour les citoyens ayant un projet d’espace éphémère est leur centre de services local. Si vous avez un projet, cherchez des alliés : des élus, d’autres citoyens ou des associations de résidents. – Maude Marquis-Bissonnette

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