Se rencontrer en voguant dans la même direction

22 mai 2016

Cherchant à réfléchir à l’avenir du centre-ville, l’Association des résidentes et résidents et de l’île de Hull (ARIH) a organisé jeudi dernier l’événement Confluences. Cette rencontre citoyenne a réuni quatre panélistes, présentant divers aspects du développement urbain en lien avec la mise en œuvre du Programme particulier d’urbanisme (PPU) centre-ville. Ce tour d’horizon rejoint très étroitement les valeurs promues dans le programme d’Action Gatineau.

Suite à une étude d’alternatives à la densification en hauteur, l’architecte Sophie Lamothe croit que la création de logis, d’espaces de bureau et d’espaces commerciaux peut se faire en plusieurs petits projet plutôt que par un projet de grande envergure, et ce dans le respect du PPU centre-ville. Ceci s’accorde tout à fait avec l’importance donnée dans le programme d’Action Gatineau à l’échelle humaine et à la cohérence, en termes de gabarit et de hauteur, avec le bâti historique pour les projets de densification.

L’île de Hull a besoin d’une épicerie! C’est sans surprise le résultat le plus proéminent d’une consultation sur les priorités pour la revitalisation du centre-ville organisée par la Table Jeunesse de Gatineau en février dernier. Les participants ont également mentionné le transport en commun, les commerces de proximité, ainsi que l’importance d’attirer les familles. Ces préoccupations sont adressées par Action Gatineau, qui propose que la ville de Gatineau s’applique à favoriser l’achalandage de ses noyaux urbains et crée des espaces verts au cœur de ses zones d’habitation.

Enfin, Christian Rouillard, professeur d’administration publique à l’Université d’Ottawa a traité de l’importance de faire preuve de prudence avant d’accepter de faire, pour un projet et au nom de retombées économiques, des entorses aux règles établies dans la planification urbaine. Un plan tel que le PPU centre-ville, élaboré par les institutions publiques en concertation avec la population, vise à développer le territoire selon les valeurs des citoyens. Or, le calcul des retombées économiques,  très complexe, spéculatif et souvent exagéré, est présenté comme une vérité et constitue un moyen de pression sur les conseils municipaux. La planification urbaine doit servir les intérêts du public et non pas (seulement) ceux du privé. Pour ceux qui suivent l’actualité, nous avons eu tout récemment l’occasion d’assister à une telle situation, où les élus d’Action Gatineau se sont opposés à un projet ne respectant pas les règles établies pour un secteur.

Panélistes :
Sophie Lamothe, Architecte chez A4 Architecture + Design
David Letellier, Doctorant en sciences sociales appliquées à l’UQO
Annie-Pierre Caron Daviault, Vice-présidente de la Table Jeunesse de Gatineau

Christian Rouillard, Professeur titulaire d’administration publique et Directeur intérimaire de l’École d’études politiques à l’Université d’Ottawa

Pour les abonnés de Vidéotron, Confluences sera diffusé le 25 mai à 10h sur MaTV

 

2 réponses à Se rencontrer en voguant dans la même direction

  1. Antoine L. Normand dit :

    Il est évident que les promoteurs d’un hôtel à la Place de la Cité veulent profiter, je dis bien «profiter» du fait que notre complexe sportif attirera des compétitions nationales et internationales. Et pourtant nous avons des hôtels qui sont tout de même situés dans un rayon pas très éloigné du complexe sportif, mais tout de même assez bien répartis sur notre territoire urbain pour justement faire que les athlètes et leurs accompagnateurs en logeant dans les hôtels existants sauront visiter notre ville et ainsi en découvrir divers quartiers. C’est une erreur de permettre à un hôtelier de dernière heure de venir tenter d’écumer les retombées financières qui seront générées par notre complexe sportif. Nous nous devons de protéger les hôteliers déjà présents dont le taux d’occupation actuel permettrait d’accueillir les visiteurs et participants aux compétitions et améliorer leur propre rentabilité. Comment se fait-il que les membres du conseil n’aient pas su apprécier que nos hôtels actuels allaient permettre de loger tout ce beau monde venu d’ailleurs et permettre du même coup de faire mieux découvrir notre ville. Je n’ai pas à faire la nomenclature de tous les hôtels, mais Le Hilton, le 4 Point Sheraton, le Confort Inn, le Quality Suites, le Plaza Chaudière, le Best Western, le Double Tree by Hilton pour ne nommer que ceux-là sont certainement en mesure de recevoir des centaines de chambreurs sans avoir à construire un autre hôtel qui nous force à modifier notre plan d’urbanisme.
    Antoine L. Normand
    Résidence Le Monastère, Gatineau

    • Charles Masse dit :

      Sans vouloir me prénoncer pour ou contre ce projet je dois vous admettre que selon moi la ville ne doit pas prendre de décision selon le marché d’un domaine quelconque . Le marché et la concurrence tout comme l’offre et la demande se font naturellement et l’interventionnisme d’une ville a cet effet serait plus nuisible qu’utile .

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