Un premier pas vers le nouveau programme

29 septembre 2016

b14-compte-rendu-forumLe mot « citoyen » a le vent dans les voiles. Les initiatives citoyennes pour développer des communautés plus durables, équitables et saines trouvent de plus en plus une oreille attentive dans le monde municipal. On cherche maintenant à savoir comment mieux soutenir ces démarches afin d’en augmenter le nombre et la portée. C’est de ça dont il a été question, à ce premier forum d’Action Gatineau dimanche dernier. Animé par la conseillère Myriam Nadeau et suivi de près par le maire Maxime Pedneaud-Jobin, ce fut un bel événement, riche en apprentissages et en brassages d’idées.

Afin de stimuler la discussion, quatre panélistes ont présenté différents aspects de l’engagement citoyen. Stéphanie Lalande, de Centraide Outaouais a traité des grands écarts de scolarisation et de revenus des résidents des différents secteurs de Gatineau, et des obstacles à la participation citoyenne vécus par les populations les plus vulnérables, qui sont souvent celles qui en profiteraient le plus. Annik St-Pierre, par son témoignage touchant, a bien illustré ce fait : son engagement lui a permis de trouver sa propre voix et la confiance de la faire entendre ainsi que le courage de prendre son sort et celui de sa famille en mains. Elle a également parlé des éléments mis en place par les organismes où elle s’est impliquée (La Voix des parents, RUI) qui ont rendu cet engagement possible (halte garderie, repas, soutien au transport).

Du côté municipal, Luc Doray a parlé de l’Office de consultation publique de Montréal, dont il est le secrétaire général. Cet office, politiquement neutre, sonde la population sur les projets d’envergure et sert de médiateur dans le cas de projets controversés afin de nuancer les positions des parties prenantes. Il a également parlé de la Charte montréalaise des droits et responsabilités, qui inclut le droit d’initiative, soit la possibilité pour un citoyen de présenter un projet pour qu’il soit soumis à une consultation publique. Ceci permet de transformer un projet citoyen en mandat municipal. Normand Lalande, responsable d’un des premiers budgets participatifs au Québec, a pour sa part, parlé de l’expérience de Saint-Basile-Legrand, qui en est à sa troisième itération. Portant sur 1% du budget total de la municipalité, l’initiative a suscité un certain engouement dès la première année. Le budget participatif a permis de réaliser quelques projets importants pour les citoyens et d’éduquer les gens aux choix auxquels les élus font face, notamment avec le volet jeunesse, qui permet aux 10 à 17 ans de proposer leurs idées.

Après une période de question pour les panélistes, les participants ont été groupés en tables de discussion pour approfondir les sujets traités et présenter le fruit de leurs réflexions à l’assemblée. Ces idées aideront le comité de programme à rédiger les résolutions du prochain programme d’Action Gatineau, qui sera voté au congrès du parti au printemps 2017.

Quelques points clés discutés :

  • Le savoir d’usage des citoyens (ce qu’un résident sait de son quartier qu’un urbaniste ignore) enrichit les projets. Les promoteurs veulent et peuvent profiter de cette richesse par la consultation citoyenne.
  • Une consultation peut comporter une séance d’information, mais ça ne doit pas être que ça : les citoyens doivent pouvoir faire des propositions.
  • Attention aux médias sociaux : ils ne rejoignent qu’une partie de la population. De même pour le jargon urbanistique et/ou formel : ils exclent les non-initiés de la conversation.
  • L’appui des élus et un bon encadrement sont nécessaires à un budget participatif réussi
  • Il est important d’expliquer à ceux qui soumettent un projet au budget participatif pourquoi leur projet est refusé; ils y ont investi temps et énergie, ils méritent une réponse.
  • La créativité des citoyens, non contrainte par les réalités administratives, permet l’apparition de projets innovants. La Ville doit ensuite faire preuve de flexibilité pour faire place a cette innovation.
  • Prendre en compte le fait qu’un citoyen qui s’engage le fait sur son propre temps, avec ses propres moyens et que les personnes les plus vulnérables, dont les préoccupations quotidiennes sont de nature alimentaire, ont besoin d’un coup de pouce supplémentaire pour s’impliquer

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